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Soul’s Heart : l’avènement d’une structure belge sur R6

Écrit par Gaëtan Thoron alias “clapton”

Soul Heart. Un nom encore discret pour le grand public, mais qui s’impose désormais parmi les structures les plus ambitieuses sur Rainbow Six Siege. Avec l’objectif du Six Invitational après une saison intéressante en Asie, comment cette organisation belge a-t-elle réussi à gravir les échelons ? Rencontre avec son fondateur, Bryan “Gilka” Seiller.

Des débuts modestes

À l’origine, Soul’s Heart (SH) n’est qu’une équipe d’amis évoluant sur Xbox.
« Nous avons créé la structure il y a dix ans. On jouait entre potes et on avait même lancé un championnat qui a duré quatre saisons », explique Gilka.
Vers 2019-2020, il prend davantage de responsabilités en devenant coach d’équipes externes, tout en assumant la direction de l’organisation.

Cette période correspond aussi à ses années d’études, avant son entrée dans l’armée belge. « C’était un moment où j’avais beaucoup de liberté », se souvient-il.

L’élargissement… puis la désillusion

Fin 2021, SH tente de se développer : ouverture d’autres pôles, orientation vers la compétition PC sur R6, et investissement dans Valorant.
 Mais ce dernier projet tourne court.
« Ça a été un pur échec. Plus de 1 500 € sortis de ma poche pour rien. Cela n’a rien apporté à la structure », confie-t-il.
Si les performances sur Rainbow Six restaient prometteuses, la situation sur Valorant freine la visibilité et la reconnaissance de Soul’s Heart.

Une nouvelle claque en LAN

Début 2023, la structure dispute encore la LAN Louvard Game.
« J’y ai mis un salaire complet pour encadrer l’équipe. Mais ça n’a pas fonctionné du tout. Aucune cohésion. Une grosse déception et beaucoup d’énergie perdue. »

Au bord du découragement, en pleine formation militaire, Gilka décide alors de faire une pause. Une étape finalement salutaire.

Le retour du rêve

« J’ai toujours voulu aider les joueurs et atteindre le T1 (niveau professionnel). Je trouvais dommage d’abandonner là. »
Durant cette période, il échange avec Kullekemeyer, séduit par le projet, qui accepte de s’investir. Ensemble, ils prennent une décision majeure : arrêter le recrutement francophone et viser l’international.

Les résultats suivent : qualification en European League Challenger (division 2 européenne) et plusieurs victoires en tournois entre 2022 et 2024.

L’investissement décisif

Le véritable tournant arrive lorsque Chezz, manager et ami de Bryan, décide d’investir financièrement dans SH.
 En 2024, des contacts en Asie ouvrent une nouvelle voie.
« Nous avons approché une line-up thaïlandaise, NoCap, composée de joueurs ayant déjà évolué dans de grosses équipes internationales et participé au Six Invitational. Les salaires y sont moins élevés. Avec le soutien de Chase, nous avons pu les recruter pour la ligue asiatique. »

L'ascension en Asie

Le pari fonctionne au-delà des attentes.
Soul Heart termine 3e du premier split de l’Asia Pacific League, puis devient champion de Thaïlande en APAC Cup face à Fury.
De quoi attirer l’attention de la scène internationale, au point que des casteurs français commentent leurs matchs en pleine nuit pour le public européen.

Une structure désormais professionnelle

Avec ces résultats, Soul’s Heart passe à la vitesse supérieure.
« Nous avons étoffé le staff : plusieurs managers, un coach mental, etc. La structure est devenue professionnelle. »
Une dynamique qui attire de nouveaux partenaires économiques et renforce leur position.

Objectif Six Invitational

Désormais solidement installée sur la scène professionnelle asiatique, l’équipe veut viser encore plus haut.
« Nous voulions nous qualifier pour le Six Invitational 2026 à Paris, et nous avons encore une chance avec la dernière qualification asiatique. » Pour cela, SH devra remporter le tournoi, chose qui est pleinement dans leurs cordes. Tout se joue le week-end lors de l’ultime tournoi du 16 et 18 janvier. Une compétition qui sera à suivre, à l’heure sciatique, sur les chaînes Twitch officielle de Rainbow Six Siege.

Une qualification qui serait une première historique pour une structure d’origine belge et pour Gilka qui verrait son rêve se réaliser et lui permettre d’arriver au premier jour du reste de sa carrière e-sportive professionnelle.

Au travers de cette rencontre nous nous rendons compte du vrai parcours du combattant des organisations amateurs.

Des dépenses importantes à consentir sans aucune certitude de retour. Mais aussi du courage de certains entrepreneurs qui croient en leur rêve. Qui frappent à toutes les portes et ne lâchent pas dans l’espoir d’avoir cette petite opportunité qui pourra, en l’espace de quelques semaines ensuite, les propulser vers les sommets.

Mais comme ils vous le diront tous, arriver au sommet c’est une chose… Mais y rester est encore plus compliqué !

 

Écrit par Gaëtan Thoron alias “clapton”
Administrateur et Rédacteur principal pour la DH, il est responsable aussi de toute la partie partenariat et marketing de Lan-Area.be